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Le Souverain des dieux se lie lui-même et se libère lui-même.
Il est lui-même le sujet qui éprouve (jouissance et douleur)
Et il est lui-même le sujet qui connaît.
Qu'il s'examine donc lui-même !
Traité de l'Essence
 

L'expression "śivaïsme du Cachemire" désigne un ensemble de théories et de pratiques fondées sur un ensemble de textes - les tantras - révélés par Śiva, personnification de l'Être. Le contenu de ces textes constitue la connaissance que Śiva a de lui-même, connaissance parfaite personnifiée par la Déesse, appelée "Puissance" (śakti ).
 
Entre le VIIIème et le XIème siècle de notre ère, plusieurs générations de philosophes exceptionnels se succédèrent pour produire des pensées fort originales : elles s'efforcent, en effet, de réconcilier le corps et l'esprit, la contemplation et l'action, la conscience et le monde, la métaphysique et l'art, la sensualité et la spiritualité.

En plus de l'histoire de ces traditions religieuses et philosophiques, ce site propose des essais sur sa philosophie "non-dualiste", selon laquelle nous sommes Dieu lui-même, et notrconscience est le pouvoir divin par excellence. Parmi ses différentes formulations, la Reconnaissance (pratyabhijñā) est, sans doute, la plus aboutie. C'est son point de vue que nous adopterons nous-mêmes, le plus souvent, pour expliquer les croyances et les pratiques des tantras. En outre, vous pourrez lire quelques textes traduits du sanskrit, tout en écoutant quelques extraits d'un genre de musique proche de ces traditions tantriques : le dhrupad.



 

Afin de vous aider dans votre lecture, voici un  lexique des termes principaux .


Un peu d'histoire                              Une philosophie nouvelle

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L'expression "śivaïsme du Cachemire" désigne en réalité un ensemble de courants religieux et philosophiques apparentés par des notions communes. Nous l'appelerons Trika, du nom de sa principale tradition selon Abhinavagupta. Mais il y a eu, au Cachemire, d'autre formes de śivaïsme. Et le Trika a existé ailleurs en Inde. Ainsi, les maîtres d'Abhinavagupta venaient du Sud, et c'est encore dans le Sud que le Trika s'est propagé après Abhinavagupta.

Toute expérience est l'Absolu se révélant à lui-même


Śiva est le Seigneur suprême. Il est tout ce qui est. Il est le "Seigneur", parce qu'il possède le pouvoir de se connaître lui-même. Ce pouvoir de connaissance est la conscience, personnifiée par la contrepartie féminine du Seigneur : la Déesse. Cette conscience est autonome, c'est-à-dire qu'elle se connaît elle-même par elle-même, sans dépendre de rien ni de personne d'autre pour cela : elle est évidente. Mais ce pouvoir, cette Puissance (śakti) qu'est la conscience, est également libre, au sens ou l'Être - le Seigneur - peut se méconnaître. Il peut, en effet, se connaître partiellement seulement. Ainsi, Shiva est tout, mais, librement, il choisit de ne se connaître que partiellement, pour finalement se reconnaître en son intégralité. Il joue à se cacher lui-même. De la sorte, cette forme de śivaïsme (car il y en a bien d'autres !) explique que nous sommes l'Être total ne connaissant qu'une partie de lui-même. De plus, nous nous identifions au corps, aux sensations, aux pensées, mais ce ne sont là que des fragments de la connaissance complète. Ce sont des étapes sur le chemin qui, de la connaissance parfaite de l'Être, nous ramènera à cette même connaissance, qui est également une connaissance de soi.

Comment cette philosophie de la Reconnaissance de soi comme étant le Seigneur (ainsi s'intitule le principal texte philosophique du śivaïsme du Cachemire) est-elle apparue ? Quelle est son histoire ?

Selon cette religion de l'Inde, la conscience est Dieu lui-même car, comme lui, elle est omnisciente et omnipotente. Plus exactement, la conscience est la souveraineté du Seigneur Shiva, le Bienfaisant, qui est l'Être, c'est-à-dire tout ce qui est.

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La Reconnaissance

La Reconnaissance (pratyabhijñā) est la branche la plus philosophique du śivaïsme du Cachemire. Alors que la plupart des enseignements et des pratiques de ses différentes traditions ne sont accessibles qu'à leurs initiés respectifs, la Reconnaissance s'adresse à tous, initiés ou non, sans restrictions de sexe, de castes, de religion ou d'ethnie.


Une pensée nouvelle, accessible à tous

Son texte fondamental, ce sont les Stances pour la Reconnaissance du Seigneur en soi (Īśvarapratyabhijñākārikā), composées par Uptaladeva au IXème siècle. Il y  propose une démarche de connaissance de soi fondée sur la raison et sur l'expérience commune. Cette voie, nouvelle en son temps, se veut accessible à tous car, confesse Utpaladeva, « Je n'atteindrais à une parfaite satisfaction que lorsque tous l'auront également atteinte ».

Re-découvrir la conscience

 

Cette « parfaite satisfaction » consiste à reconnaître que le Dieu omniscient et tout-puissant dont parlent les textes religieux, c'est nous-mêmes. Comment cela se peut-il ? C'est que, affirme Utpaladeva, nous avons les mêmes attributs et les mêmes pouvoirs que Lui : nous sommes omniscients et omnipotents. En effet, nous sommes doués de conscience (caitanya), celle-là même, qui en ce moment, lit ces lignes. Or, la conscience est omnisciente et omnipotente. Que signifie ici cette affirmation ? Essentiellement, cela veut dire que rien, absolument rien, ne serait possible sans conscience. La conscience est ce dont tout dépend. Or, ce dont tout dépend est ainsi le « Seigneur » de tout. Par conséquent, puisque tout dépend de notre conscience, nous sommes le Seigneur.

Cette thèse, Utpaladeva veut la démontrer envers et contre tous les doutes qui nous persuadent du contraire. Nous sommes, en effet, persuadés que c'est bien plutôt la conscience qui dépend du monde « extérieur » indépendant d'elle, et non l'inverse !

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Traductions et nouveautés

extes traduits du sanskrit :

  • Le Jeu de la manifestation consciente
  • L'Exorde au tantra de la Suprême, souveraine des trois Puissances
  • Dix stances sur l'âme identique à Shiva
  • La Liberté de la conscience
  • Le grand Arcane des Parfaits
  • La Lumière des tantras (VI-VII)
  • L'Essence des tantras (VI-VII)
  • La Méditation sur les stances pour la Reconnaissance (II, 1)
  • Méthode pour éveiller un disciple (Sishyapratibodhavidhi de Shankara)
  • Propos intempestifs sur l'eveil (compliation de billets de blogue)
  • Le Mânasollâsa, texte de la Pratyabhijnâ du Sud de l'Inde
  • Un chapitre du Devîkâlottara Tantra
  • Un chapitre du Sarvajnânottara
  • Les Stances de Nandikeshvara
  • Les Stances d'Âdhâra (Âdhârakârikâ)
  • Une hymne Kaula
  • Deux chapitres du Miroir de la liberté (Svâtantryadarpana)
  •  Le premier chapitre du Mâlinîvijayottara Tantra
  • Un chapitre du Manthana Bhairava Tantra
  • Un chapitre du Paramânanda Tantra

Publications

  • Les stances pour la reconnaissance du Seigneur
  • Le Coeur de la Reconnaissance
  • Le profane comme accès au sacré chez Abhinavagupta
  • Abhinavagupta et la liberté de la conscience
 

 

Nouvelle publication


Paru aux éditions Almora en mars 2010. 

Voir aussi les nouvelles traductions sur ce site : une dizaines de nouvelles traductions en 2010


Cycle de conférences sur la philosophie de la Reconnaissance (pratyabhinâ) à partir de férvrier 2011 au Collège International de Philosophie.

Pour le programme, voir le blogue

ou le site du CIPh

 

Galerie d'images

 

Musique et Tantra

sarasvati belur